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En avril, l'administrateur judiciaire annonçait qu'un investisseur potentiel s'était signalé, et examinait la situation de l'entreprise. Le CE demandait que son apport soit vérifié. Le tribunal, suivant la requête en ce sens du Mandataire et du Procureur, prévoyait alors une audience intermédiaire. Celle-ci a été fixée au mercredi 1er juin.

Pendant ce temps, le cabinet d’audit comptable et financier nommé par le tribunal a travaillé sur la faisabilité d'un plan de continuation, notamment pour chiffrer l'apport nécessaire.

Le Comité d'entreprise a été réuni ce mardi. L’ordre du jour prévoyait la présentation du rapport de cet auditeur et ensuite la présentation du projet de cet investisseur qui s’avère être en fait un repreneur.

Ce flash vous en rend compte ainsi que de la réunion du Tribunal de Commerce de mercredi.

Faisabilité d’un plan de continuation

Le cabinet 8advisory, auditeur indépendant mandaté en décembre 2015 par le Tribunal de Commerce, a mené une étude pour déterminer les conditions dans lesquelles un plan de continuation serait faisable, c’est-à-dire dans lesquelles la société dégagerait suffisamment de bénéfices pour dédommager sur 10 ans les créanciers (Le passif gelé accepté par la société est de 33 millions au 4 mars 2016).

Rappelons les hypothèses émises par le management dès la fin 2015 :

  • Pour l’activité Carbase (qui produirait quand même la moitié du résultat estimé) :
    • Maintien de la part de marché totale
    • Migration progressive en dix ans de l’ensemble des licences vers la Nouvelle Génération (plus chère)
  • Pour l’activité SSII traditionnelle
    • Préservation de l’effectif (Autant d’embauches que de départs),
    • TJM de 409 euros en 2016 avec une légère progression jusqu’à 425 euros en 2025,
    • Montée progressive du TACE à 90% en 2017 avec un premier palier à 88% en avril 2016.

8advisory a fixé des hypothèses plus conservatrices (pour nous, déjà plus réalistes) : TACE maintenu à 86% tel que constaté en mars et moindre croissance des ventes Carbase (-25% jusqu’en 2020 et -50% ensuite). Sur la base de ces hypothèses, le besoin en trésorerie pour rembourser le passif serait d’un peu plus de 15 millions (hors renégociation de la dette avec les créanciers). C’est ce que devrait apporter un éventuel repreneur.

--- La position de la CFDT : ---

D’un point de vue purement financier :-

  • L’étude est a priori sérieuse selon l'expert-comptable du CE,
  • Cependant ni le TJM ni l’effectif ne font l’objet de correction par rapport aux prévisions de la Direction. Or la préservation de l’effectif est loin d’être acquise (On constate déjà qu’on est repassé en dessous des prévisions en avril). Une baisse du TJM de 3% ou une baisse de l’effectif productif moyen de 35 ETP, pour prendre des hypothèses pessimistes mais qui restent plausibles, se solderaient par une dégradation du résultat, sans ajustement des autres coûts, de respectivement -1,4 M€ et de -0,8 M€ par an,
  • Et sa durée (10 ans) laisse la place à tellement d’impondérables !

Ce n’est pas un investisseur mais un repreneur potentiel qui se présente au CE

Le repreneur a rencontré le Comité d’Entreprise ce mardi. Il nous a indiqué la façon dont il voyait l’avenir de Polymont et nous a donné quelques informations précises qu’il a confirmées le lendemain auprès du Tribunal. Il nous a cependant demandé de rester très prudents dans nos écrits afin de ne pas exacerber une concurrence aux aguets et torpiller ainsi le plan de continuation. Voilà pourquoi la CFDT a choisi de ne pas donner de nom et de ne pas écrire tous les chiffres.

Ce que nous avons compris :

  • Il s’agit bien d’un repreneur et non pas d’un simple investisseur : Il prend une participation majoritaire dans le groupe (et non pas seulement dans Polymont IT-Services).
  • Le repreneur chapeauterait la direction actuelle de POLYMONT IT SERVICES par un responsable recruté à l’extérieur du groupe.
  • Le repreneur a dirigé pendant plusieurs années une très grosse banque française avant de créer en 2014 sa société de conseil en stratégie. Il pense que ses nombreux contacts de très haut niveau nous permettront de développer notre métier de SSII d’autant, dit-il, que les retours de nos clients sur la qualité de nos prestations sont excellents.
  • Carbase sera rapidement filialisé afin de lui fournir l’environnement spécifique indispensable au développement de son métier.
  • Le repreneur n’est pas un fonds d’investissement : Ni plan social, ni dépeçage, ni vente par appartement en vue. Croisons les doigts !!
  • Il croit au projet et ne part pas à l’aveugle : Il affirme avoir consacré plus d’une centaine de milliers d’euros à son étude.

Cependant nous notons quelques points négatifs :

  • Le repreneur nous a longuement expliqué comment il savait recueillir l’adhésion du management (c’est bien) mais il est resté très discret sur sa politique RH. Il parle de « méritocratie » quand la CFDT l’interroge sur le traitement des trop nombreux salarié-e-s jamais augmenté-e-s sous l’ère Dermont… Clairement, il ne faut pas attendre de miracle social !
  • Nous l’avons également senti peu loquace sur le pourquoi de sa volonté d’investir. Nous imaginons qu’il entend redresser la société pendant quelques années avant de la revendre. Ce n’est pas répréhensible mais la CFDT aurait apprécié que tout soit clairement posé sur la table

L’engagement est ferme, avec une clause suspensive.

  • Le repreneur s’est engagé :
    • A apporter un montant non négligeable de cash pour recapitaliser l’entreprise,
    • A reprendre un certain volume de dettes
  • Cependant, le montant apporté serait inférieur aux 15 millions demandés. C’est pourquoi sa proposition reste soumise à l’obtention d’une forte réduction du passif de Polymont IT Services, réduction actuellement en cours de négociation avec les créanciers, essentiellement publics. Compte tenu du taux de remise nécessaire, la négociation est difficile et requiert beaucoup de finesse. Elle avance mais n’est pas bouclée à ce jour et peut encore prendre deux à trois semaines, sans garantie de succès.

--- Position de la CFDT : ---

Pour la CFDT, l’enjeu majeur a toujours été de sauvegarder le maximum possible d’emplois et le plus durablement possible. Trouver un repreneur permet d’éviter de liquider l’entreprise ou d’engager un plan de cession : Dans les deux cas, l’entreprise serait dépecée et de nombreux salariés perdraient leur emploi.Cependant elle demande instamment au Tribunal de ne pas trop retarder sa décision : Si la négociation avec les créanciers doit échouer, il faut l’acter suffisamment rapidement pour avoir le temps de mener un plan de cession malgré tout préférable à une liquidation brutale.

Réunion du Tribunal de Commerce

Vos représentants du CE n’ont pu assister à la réunion car le Tribunal craignait des « dispersions ». Néanmoins, la CFDT s’est rendue au Tribunal pour préparer la réunion avec l’avocate du CE et profiter de l’occasion pour rencontrer les « organes de la procédure ».

Selon le compte-rendu de notre avocate :

  • Le repreneur a confirmé ses engagements et sollicité un délai supplémentaire de trois semaines avant de présenter officiellement son plan de continuation afin d’obtenir des engagements fermes des créanciers privés et publics sur les abandons de créances,
  • Le Mandataire, l’Administrateur et, surtout le Procureur, ont émis de grandes réserves sur la possibilité pour le repreneur d’obtenir un abandon de créances à la hauteur souhaitée, d’autant plus que l’Etat représente la majorité des créances.
  • Après discussion avec le repreneur, le Mandataire et l’Administrateur ne se sont toutefois pas opposés au plan de continuation et au délai supplémentaire de trois semaines. Le Procureur s’est prononcé contre le plan de continuation et pour la mise en place d’un plan de cession immédiatement.
  • Bien qu’il émette lui aussi des réserves sur la faisabilité de cet abandon de créances, le juge commissaire a pris la décision d’accorder ce délai de trois semaines supplémentaires.
  • Il a donc été convenu d’une nouvelle réunion à la fin du mois de juin pour faire un point définitif (espérons-le) sur l’avenir de l’entreprise

Nous en saurons donc plus à la fin du mois :

  • Soit nous nous orienterons vers un plan de continuation qui sera présenté immédiatement et arrêté le 31 juillet 2016 (à la fin de la période d’observation).
  • Soit l’administrateur judiciaire sera obligé de confectionner un plan de cession qui pourrait alors nous mener jusqu’en septembre.

--- Position de la CFDT : ---

La balle est maintenant dans le camp du repreneur et des créanciers !La CFDT sait que l’attente est longue pour les salariés, ses représentants s’épuisent depuis presque un an à porter la procédure, elle sait aussi que le succès ne sera pas obligatoirement au rendez-vous.La CFDT continuera à vous tenir informés à chaque fois qu’il se passera quelque chose.Et surtout, votre avis compte plus que jamais ! N'hésitez pas à vous rapprocher de vos élus CFDT pour faire porter votre voix.

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