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Toutes les conditions semblent réunies pour une reprise au cours de l’été.

L’ensemble des acteurs s’est prononcé pour le projet de reprise remis hier 26 juillet au Tribunal de Commerce de Paris : les créanciers (Trésor Public, URSSAF, AGS, caisses de retraite, mutuelle, pour les plus importants), l’administrateur judiciaire, le mandataire judiciaire, le comité d’entreprise, le Procureur, et le Juge. Mises à part quelques formalités techniques qui restent à régler (voir ci-dessous), nous pouvons affirmer aujourd’hui que l’aventure va se poursuivre !

La CFDT unanime, elle, soutient ce projet de reprise comme étant le seul à donner un avenir aux salarié-e-s, mais a déjà fait entendre à M. Mérindol quelques préconisations pour éviter que l’embellie ne soit que passagère.

 

Les détails de la procédure

Depuis notre flash de fin juin, les étapes se sont succédées à vive allure. Nous n’attendons plus que l’expiration du délai légal de 30 jours imparti aux créanciers, et la confirmation formelle de l’accord de la CCSF (qui regroupe les créanciers publics), accord déjà encadré par un accord interministériel.

Le Procureur, alors qu’il était contre auparavant, a requis hier une prolongation de la période d’observation de deux mois, afin de donner le temps de finaliser ces aspects procéduraux. Le Juge, en prenant la décision d’accepter cette prolongation exceptionnelle mais en fixant l’audience décisive le 22 août (donc bien avant la fin de la prolongation), montre aussi que, sauf extraordinaire, il homologuera le plan de continuation (qu’il n’a pas eu encore le temps d’étudier en détail) et qu’il a compris notre demande de sortir du redressement judiciaire au plus vite.

 

Le volet Capitalistique et financier

L a société PROTISFI 4 TPM (nom temporaire), filiale du groupe CARMIN, est détenue conjointement par M. Mérindol (l’ancien Directeur Général de la Caisse d’Epargne) et M. Tordjman (le fondateur de GFI). Dès l’homologation du plan de continuation :

  • PROTISFI 4 TPM injectera 8 Millions d’argent frais dans POLYMONT GROUP en contrepartie de 80% des actions,

  • Les 8 Millions seront redescendus immédiatement dans PITS (Polymont IT-Services, nous).

  • En complément, les créanciers font cadeau à PITS de 13 à 15 millions de créances. Compte-tenu des frais, cela correspond aux 20 millions de reconstitution des fonds propres dont parle la direction dans son communiqué de presse de ce 27 juillet.

Ce plan est déjà mis en œuvre par PITS : l’Assemblée générale des actionnaires, réunie lundi 25 juillet, a décidé l’augmentation de capital et a accepté la démission de la présidente, Mme M.-L. Chevallier, sous condition suspensive de l’adoption du plan de continuation par le tribunal. C’est-à-dire qu’elles seront appliquées d’office dès la parution du jugement.

En outre :

  • Le plan contient une clause d’inaliénabilité des actifs au titre de laquelle rien de ce que possède PITS ne pourra être vendu pendant un délai de 5 ans sans l’aval du Tribunal de commerce. Ce dernier désignera d’ailleurs un commissaire à l’exécution chargé de surveiller la bonne exécution du plan de continuation,

  • L'investisseur entend gérer Polymont IT services et Polymont Engineering de manière distincte, et pourvoir séparément aux besoins des deux filiales si cela devait s’avérer nécessaire.

Le business plan repose sur deux fondamentaux de qualité : un passif exigible réduit dans des proportions exceptionnelles, des prévisions recalées sur les performances réelles de la société et non sur les chiffres auxquels la Direction sortante rêvait encore le mois dernier.

Cependant ce business plan exige une remontée rapide des effectifs productifs dès l’automne, tout en maintenant un bon niveau de TACE et de TJM, faute de quoi la situation de trésorerie redeviendrait tendue à l’horizon 2018. En effet, le nombre de salariés « productifs » est descendu à 455 fin juin, une quarantaine en-dessous du plan initial, et devrait continuer à baisser légèrement à court terme. L’enjeu sera de remonter à 525, nombre sur lequel table le projet de reprise à partir de mi-2017. La CFDT s’est exprimée sur ce sujet (voir le volet RH à suivre).

A très court terme, un autre enjeu porte sur la sortie la plus rapide possible du redressement judiciaire vis-à-vis des clients, notamment du secteur public (en RJ, nous ne pouvons concourir pour les marchés publics). La CFDT a mis en exergue cette exigence devant le Tribunal.

Le volet RH et le volet managérial

Monsieur Mérindol est venu rencontrer trois fois le comité d’entreprise :

  • Les élus lui ont remonté la souffrance au travail endurée par beaucoup et le mal-être de chacun face à l’opacité d’une Direction qui s’est disqualifiée elle-même,

  • La CFDT lui a envoyé un courrier résumant les principales « performances » de Monsieur Dermont et de Madame Chevalier (Destruction de 500 emplois, perte des fonds apportés par HP et T-Systems, creusement d’un passif de plus de 30 millions).

Les élus lui ont rappelé que la réussite du plan de continuation passait en premier lieu par une politique de gestion des ressources humaines ambitieuse car il est impératif de restaurer la confiance de l’ensemble des salariés de PITS. Il faut absolument :

  • Recruter un DRH qui fera preuve d’un réel respect de l’humain, qui saura tenir tête aux managers quand leurs idées seront préjudiciables aux salariés et insufflera un climat propice aux échanges et au développement de la créativité,

  • Envoyer un message fort aux managers pour qu’ils puissent convaincre leurs équipes qu’il y a un changement de méthode,

  • Faire preuve de transparence vis-à-vis des salariés, notamment par une communication honnête et pertinente,

  • Rétablir un véritable dialogue social avec les IRP notamment en cessant l’obstruction systématique,

  • Mettre en place une organisation stable et autonome au niveau des agences afin de rétablir la confiance au niveau local,

  • Aider chacun à se construire un avenir dans la Société, en lui proposant des possibilités d’évolution et en lui en donnant les moyens,

  • Mettre en œuvre tous les efforts possibles pour accompagner les personnes en situation difficile, dont certaines craignent d’être licenciées.

Monsieur Mérindol nous a semblé conscient du mauvais climat social (mais jusqu’à quel point ?) et de son impact sur le recrutement, donc sur la réalisation de son business plan. Il indique que :

  • Le volet RH est prioritaire,

  • Aucun licenciement n’est prévu, chacun ayant sa place dans une société en croissance,

  • Une attention particulière sera portée à la communication.

Sur le plan managérial, Monsieur Mérindol :

  • confirme être à la recherche d’un Directeur Général qui remplacera l’actuel et supervisera l’ensemble des fonctions de la société,

  • assure que les actionnaires historiques n’auront plus aucune responsabilité opérationnelle : c’était un impératif absolu dont la CFDT lui avait fait part par écrit.

Le volet industriel

Selon le business plan, Carbase représente l’essentiel de la contribution au résultat.

Monsieur Mérindol indique que l’activité sera filialisée rapidement. En effet, le business model d’un éditeur de progiciel est très différent de celui d’une SSII traditionnelle.

Par ailleurs, Monsieur Pévère conservera la Direction de l’activité.

L a CFDT sait que l’essor d’une activité va de pair avec les satisfactions que les salarié-e-s tirent de leur travail. La CFDT restera donc particulièrement vigilante sur les conditions de travail dans ces équipes. Elle appelle les salarié-e-s de Carbase à la rejoindre pour construire ensemble un cadre épanouissant pour elles et eux. Contacts sur le site de Saint-Denis : Sophie Carvalho, François Noizet

 

Par ailleurs, les élus ont bien évidemment fait part à Monsieur Mérindol de l’état de déliquescence dans laquelle se trouvent les agences les plus malmenées par la Direction sortante (Paris, Lyon, Nantes et Rennes). Nous l’avons particulièrement alerté sur le commerce et sur l’organisation :

  • Un investissement important devra être consenti pour recréer un tissu local,

  • Chaque site devra disposer d’une réelle autonomie managériale et être dirigé par un responsable local ayant les pouvoirs et les moyens de s'investir réellement dans l'animation de son entité et de relancer une dynamique et un esprit d'entreprise.

Monsieur Mérindol nous a indiqué qu’il ne pouvait pas répondre pour le moment, ne serait-ce que parce qu’il n’a pas encore rencontré les Directeurs de Division (ce qu’il ne peut faire tant que le plan n’est pas homologué). Par contre, il a réaffirmé l’importance qu’il accordait au sujet : dès son arrivée et en concertation avec toutes les personnes concernées, le futur Directeur Général procédera à l’analyse des forces et des faiblesses de PITS, élaborera une stratégie industrielle et définira l’organisation adaptée. Cette stratégie devra ensuite être déclinée en plans d’actions à tous les niveaux de la société.

Bien entendu, les élus CE ont été un peu frustrés de la réponse mais force est de reconnaître que la démarche est sérieuse et que cela nous change agréablement de ces gens qui disaient tout savoir en arrivant et nous ont précipité dans l’abîme.

 

Tag(s) : #Comptes-rendus